Les réflexes indispensables du « bon parent »

Relation avec votre nourisson

Lorsque l’on est parent, il y a des mots qui effraient. « Maltraitance » en est un. Loin des clichés habituels, le phénomène revêt une réalité complexe. En effet certaines attitudes, certains gestes, peuvent a priori paraître anodins, et l’on ignore parfois leur portée sur nos chérubins. Et pourtant, sans qu’il soit nécessairement question de maltraitance physique, certaines de nos actions peuvent porter préjudice à nos enfants sans même que nous nous en rendions compte. Ces maladresses ne sont pas évidentes, voire inconscientes, et il vous appartient d’y être attentif. Petite mise en perspective de l’impact que le comportement d’un parent aimant peut avoir sur un enfant en pleine croissance.

Ce que vous ignorez : les traumatismes silencieux

La négligence est plus insidieuse que la violence volontaire, dans la mesure où elle résulte d’un manque de vigilance. Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Les exemples abondent, le plus connu d’entre eux étant le tabac, provoquant chez l’enfant de l’asthme et multipliant les risques d’arrêt cardiaque par trois.

Nous savons tous à quel point l’alimentation est primordial, or ne pas satisfaire les besoins en énergie de l’enfant est considéré comme une autre forme de négligence. Autrement dit, cuisinez équilibré !

À l’école, des enfants reviennent de leur week-end affamés, fatigués à cause de carences nutritives, à tel point que certaines municipalités augmentent les portions alimentaires des cantines les Lundis.

Le combat contre la maltraitance est d’abord un combat contre les clichés. Nous avons tous en tête des images désagréables sur le sujet. Et pourtant saviez-vous que simplement forcer un enfant à porter des chaussures trop petites était considéré comme de la maltraitance physique non-volontaire ? De même l’obliger à rester debout des heures pour le punir, l’enfermer et lui interdire toute activité ou toute relation sociale peut avoir des conséquences aussi bien physiques que psychologiques qui le suivront toute sa vie.

Parent : Faîtes attention aux bonnes intentions

Si je vous parle de maltraitance psychologique, vous pensez tout de suite aux insultes ou encore aux situations dans lesquelles l’enfant peut être terrorisé ? Et pourtant nul besoin d’être aussi extrême. Cette forme est encore une fois bien plus anodine : dénigrement systématique, chantage affectif, indifférence, humiliation… Peut-être êtes-vous certains de ne pas faire subir cela à votre enfant, mais la maltraitance peut parfois se cacher derrière une bonne volonté.

L’être humain est tel une maison : afin d’être solide dans le temps, les bases construites durant l’enfance doivent être solides, au risque de développer une fois adultes des troubles psychologiques telle que la dépression. Un certain nombre d’habitudes sont donc à proscrire.

La surexposition à des situations qui ne sont pas de son âge arrive très fréquemment sans même que l’on s’en rende compte : faîtes donc attention à ce qu’il regarde, et les jeux vidéos auxquels ils jouent. Pour cela, soyez attentif à la limite d’âge figurant sur le boîtier du jeu. Et accompagnez-le systématiquement lorsqu’il s’en va voguer sur le web.

Toujours sur un plan psychologique, les carences affectives sont très répandues : manque d’affection, indifférence… De même, les parents trop permissifs ne rendent pas service à leurs enfants, et cela peut être assimilé à une carence éducative (manque de repères, de limites, d’interdits…). A l’inverse, le surprotéger ne l’aide pas à se développer : prenez soin de ne pas envahir son espace, car cela est assimilable à une privation de liberté.

De manière générale, la négligence renvoie à des situations de carences qui risquent de compromettre le développement somatique (la fameuse croissance) et psychologique de l’enfant. Ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions ?

Adoptez les bons réflexes avec votre bambin

N’avez-vous jamais la sensation d’avoir parfois d’en demander trop ? Faîtes-le test en étant attentif à vos exigences envers autrui, et vous verrez à quel point elles peuvent parfois être incohérentes. Ca peut nous arriver à tous, et il convient ici aussi d’être prudent. Chassez donc de vos discours les injonctions paradoxales (contradictoires et impossibles à respecter) ou disproportionnées (quoique l’enfant fasse, ce n’est jamais assez bien).

Des menaces verbales répétées ou lui parler de façon à l’effrayer peut engendrer un état de stress chronique, mal qui aura des répercussions à l’âge adulte.

Les enfants se développent à partir de ce que vous leur transmettez. Donc les mots durs prononcés à l’encontre de votre conjoint(e) dans des moments de colère ont des conséquences négatives sur l’enfant : s’il est spectateur d’une violence (même verbale) dans une relation, cela exclut l’apprentissage du respect de l’autre dans sa différence, et l’incite à passer à l’acte plutôt qu’à privilégier la parole.

Nous remarquons rarement par nous même notre violence verbale, c’est souvent une tierce personne qui attire notre attention dessus. Or lorsque vous en usez vis à vis de votre enfant (« tu es bête » ou « tu n’es pas beau »), lui la reçoit en pleine figure. Cette simple phrase pouvant paraître anodine, il va l’intégrer à son identité, grandira avec cette idée et se comportera en conséquence.

Ce genre de remarques traduisent souvent une déception inconsciente de l’enfant. Or comme l’explique la psychanalyste Christiane Olivier :

« Beaucoup considèrent, toujours de manière inconsciente, leur enfant comme un morceau de soi que l’on peut modeler, que l’on peut rendre meilleur que l’on est soi- même. Et la déception qu’éprouve le parent émane en fait d’un sentiment de colère contre sa propre identité qu’il perçoit dans l’enfant et qu’il rejette ».

Déjouer la violence verbale est un entraînement de tous les jours, et une fois contrôlée, votre enfant comme vous même en récolterez les fruits.

Ne vous méprenez pas à la lecture de ces différentes remarques. Ce sont bel et bien des conseils qui ne pourront qu’améliorer le parent génial que vous êtes déjà.

En résumé, il convient de faire attention à ses dires, à ses gestes, toujours avec le sourire pour pouvoir tirer le meilleur de la relation avec votre enfant !