L’aspirine provocateur de fausse couche ?

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Les médecins défendent aux femmes enceintes la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens à partir du 6ème mois pour éviter les risques de malformation. Cependant, il n’y a aucune certitude sur les effets néfastes pour le fœtus de la prise de ce genre de calmant dont fait partie l’aspirine, durant le début de la grossesse. Les études liant l’augmentation du risque de fausse couche à la consommation d’aspirine au premier trimestre sont aussi nombreuses que celles qui viennent les contredire. Le point sur l’état des connaissances sur cette question délicate qui divise la communauté scientifique.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, entre efficacité et dangerosité

L’aspirine, reconnue pour ses actions antalgiques et anti-inflammatoires, fait partie des médicaments les plus consommés de la planète. Cette popularité de plus en plus croissante est principalement due au fait qu’il est possible de se la procurer sans ordonnance. L’aspirine, tout comme l’ibuprofène, fait partie des AINS ou Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens, une famille de médicaments très utilisée pour lutter contre la douleur, la fièvre et l’inflammation. Mais comme tout médicament, les AINS sont soumis à des contre-indications, dont la plus importante est l’interdiction formelle de sa prise à partir du 6ème mois de grossesse pour éviter les malformations. Des questions se posent alors sur la dangerosité pour la mère comme pour le fœtus de la consommation de ce type de médicament, surtout de l’aspirine, avant cette période et en tout début de grossesse. De nombreuses équipes de scientifiques à travers le monde se sont penchées sur la question et plus particulièrement sur les risques de fausse couche liés à la prise d’aspirine. Cette dernière, durant son action, cible en effet la production de prostaglandines, des composés essentiels à l’implantation du fœtus. De ce fait, sa consommation durant la gestation représente théoriquement un risque d’avortement spontané.

Aspirine pendant la grossesse et fausse couche, aucune certitude

dolipranePour essayer d’avoir une meilleure idée de l’éventuelle dangerosité des AINS durant la période de grossesse, des scientifiques ont mené une étude basée sur le témoignage de femmes enceintes. La principale question posée aux sujets concernait la prise d’AINS dès le début de leurs gestations. Sur le millier de femmes interrogées, 53 ont admis avoir utilisé ce genre de médicament avant 3ème trimestre de grossesse. Durant la période de l’étude, 162 fausses couches ont été répertoriées, allant le plus tard s’étant produites à la 20ème semaine. Après approfondissement et en tenant compte des propriétés des AINS, les chercheurs ont convenu que la prise d’AINS figurait parmi les causes ayant pu provoquer les fausses couches. Les résultats publiés en 2003 dans la revue médicale British Medical Journal font ainsi état d’une augmentation de 80% du risque de fausse couche dû à la prise d’AINS, notamment d’aspirine, en début de grossesse. Bien que les résultats soient plausibles, une autre étude ne fait cependant pas le même constat. Menée par des Américains, cette dernière a été faite sur un plus grand nombre de femmes enceintes, à savoir 54.000. La méthode d’approche fut la même, mais les résultats divergent. En publiant les aboutissements de leurs recherches dans l’édition de juillet 2006 du magazine Epidemiology, ils ont déclaré que l’utilisation d’aspirine durant la grossesse n’entraîne pas un risque accru de fausse couche.

Rester prudent pour éviter tout désagrément

Force est de constater que ces deux recherches, aux résultats diamétralement opposés, apportent plus de confusion que d’explication sur les dangers que peut apporter la prise d’aspirine au cours de la grossesse. En attendant que la communauté scientifique s’accorde et livre son verdict final, la prudence est de mise concernant la consommation d’AINS pendant toute la durée de la gestation. Une chose est sûre, il est fortement déconseillé d’en prendre à partir du 6ème mois. Il est aussi conseillé de toujours se référer à un médecin avant de prendre des médicaments, quelque soient leurs natures, durant toute la grossesse.

Les médecins défendent aux femmes enceintes la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens à partir du 6ème mois pour éviter les risques de malformation. Cependant, il n’y a aucune certitude sur les effets néfastes pour le fœtus de la prise de ce genre de calmant dont fait partie l’aspirine, durant le début de la grossesse. Les études liant l’augmentation du risque de fausse couche à la consommation d’aspirine au premier trimestre sont aussi nombreuses que celles qui viennent les contredire. Le point sur l’état des connaissances sur cette question délicate qui divise la communauté scientifique.

Cedric 1001Pharma

Cédric est pharmacien et co-fondateur de 1001pharma, il s'occupe de tout le côté commercial et relationnel auprès des pharmacies. Pour être toujours en forme il boit beaucoup de café et s’oblige à aller au travail en vélo. 1001 Pharmacies